LUMINEUSE TOUR LUMINA

TEXTE_GAUTHIER DUPRAZ / PHOTO_SLAM

Une volonté d’Aimé Césaire d’avoir un bâtiment tourné vers la mer, vers l’avenir…

Depuis son inauguration en 2012, la tour Lumina s’est intégrée dans le paysage urbain martiniquais aux côtés de monuments incontournables que sont la cathédrale et le fort Saint-Louis. Retour sur une prouesse architecturale avec comme guide, Eric Orville, l’un des deux bâtisseurs à qui l’on doit le building le plus haut des Dom-Tom et des petites Antilles. A l’instar de l’héroïne de l’insurrection du sud de 1870 dont elle porte le nom, la tour Lumina se dresse fièrement sur le front de mer de Fort-de-France. Un édifice qui fait, désormais partie intégrante de la skyline foyalaise. 

Une porte d’entrée maritime idéale pour accueillir, notamment, les croisiéristes qui sont des milliers à faire escale chaque jour dans la capitale de la Martinique. Si la pose de la première pierre a été officiellement effectuée en 2006, la tour fût pensée, imaginée, modelée et remodelée pendant plus de 10 ans auparavant. « J’ai planché sur ce projet à partir de l’année 1994 », se souvient Eric Orville. « J’ai travaillé avec quatre promoteurs différents et successifs », raison pour laquelle le gratte-ciel a mis du temps à sortir de terre.

« Un triptyque pour définir la tour : mer, air et féminité »

Née du désir de la ville préfecture et de son défunt maire Aimé Césaire, de se doter d’un nouveau « signal urbain fort », selon l’expression de son concepteur, la Tour Lumina a été imaginée sous toutes les formes : rectangulaire ou octogonale. Mais Eric Orville et son homologue Franck Brière ont préféré, quant à eux, prendre le contre-pied des projets de leurs confrères qui faisaient la part belle au béton. « Nous avons voulu limiter l’impact visuel du bâtiment en travaillant sur le verre afin de symboliser trois idées : la mer, l’air et la féminité », explique avec passion ou octogonale.

Mais Eric Orville et son homologue Franck Brière ont préféré, quant à eux, prendre le contre-pied des projets de leurs confrères qui faisaient la part belle au béton. « Nous avons voulu limiter l’impact visuel du bâtiment en travaillant sur le verre afin de symboliser trois idées : la mer, l’air et la féminité », explique avec passion l’architecte. Les courbes de l’immeuble rappellent, bien évidemment, la voile de la traditionnelle yole, patrimoine culturel de l’ile aux fleurs. « L’ensemble, par ses formes et sa façade vitrée, renvoie également à un pagne ou une robe qui enveloppe l’empilement de bureaux que l’on trouve à l’intérieur », ajoute-t-il. 

Une vision qui diverge avec l’aspect phallique auquel les tours ont souvent été associées dans l’histoire de l’humanité. Des fondations qui mesurent quasimentla moitié de l’immeuble.

Pour arriver à un tel résultat, il a fallu faire preuve de beaucoup de technicité, car malheureusement, le sol du centre-ville de Fort-de-France n’est pas réputé pour sa stabilité. Il s’agit de terrains dit liquéfiables. Autrement dit, la cité est un ancien marécage dont les terrains saturés en eau peuvent perdre une partie ou la totalité de leur portance en cas de phénomène sismique. 

Pour résoudre cette problématique, il a fallu consolider les fondations en créant un socle de béton et d’armatures d’une taille correspondant à près de la moitié de la tour soit 35 à 45 mètres. De la base jusqu’au sommet, le building ne fait en réalité pas 95 mètres, mais plus de 130 mètres de haut.

Une prouesse architecturale qui, avec ses logements, sa galerie commerçante et son hôtel construits autour, compose ce que les martiniquais appellent communément la pointe Simon. Un véritable village dans la ville. Une structure devenue phare dans l’une des plus belles baies du monde.

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publier.